« L’un est pris par une insatiable cupidité, un autre par une assiduité laborieuse dans des travaux superflus ; un autre est imbibé de vin, un autre est plongé dans la torpeur de l’inertie, un autre est exténué par une ambition toujours suspendue aux jugements d’autrui, l’autre par sa folie du commerce sur toutes les terres et toutes les mers dans l‘espoir du gain ; il en est d’autre que la passion guerrière tourmente insermenté tournée vers les dangers qu’ils leurs sont étrangers ou angoissés par ce qui les concerne ; il en est enfin que l’ingrat culte de ses supérieures exténue dans une servitude volontaire. »
Ce qui frappe dans ce texte c’est sa brièveté, or c’est un texte qui par hasard se nomme « De la brièveté de la vie. », c'est-à-dire que d’une certaine façon c’est comme s’il avait mimé en concision la densité de l’objet qu’il se donne. Or qu’est ce qu’on découvre, dès la première page, que nous ne disposons pas d’une courte durée mais que nous en avons perdu. En d’autres termes, certaines vies sont courtes, d’autres ne le sont pas et pourtant nous vivons le même nombre d’années. Alors à quoi ça tient ? A quoi tient la brièveté de la vie ?
On peut comparée la brièveté du texte à la brièveté de la vie. Effectivement pour Sénèque, j’ai bien l’impression que la richesse et notre compréhension du monde ne se joue pas dans l’étendu mais véritablement dans la ponctualité. L’entrée dans le temps, c’est l’entrée dans un instant présent donc dans quelque chose de véritablement court. En vocabulaire bergsonnien par exemple, on pourrait dire que ce n’est pas une affaire de quantité mais de qualité. C’est une affaire de qualité et d’approfondissement. A texte bref, il pourra y avoir des lectures brèves qui n’auraient peut-être pas vraiment d’intérêt et je pense que ce texte nous invite véritablement à approfondir en qualité notre lecture donc à texte bref, il nous faudra certainement une lecture étendue et approfondie.
Il dit « nous n’avons pas reçu une vie brève mais nous nous la sommes faite et nous n’en n’avons pas été dépourvu mais prodigue ». Donc finalement ce qu’enseigne « De la brièveté de la vie » c’est que : A qui sait vivre, et on va voir dans quelles conditions on sait vivre et que ce n’est pas donné à tout le monde, à qui sait vivre, la vie est longue. La vie est même démesurée. Elle est démesurée et peut même être étendu jusqu’à l’infini, jusqu’à cette durée quasi divine qui englobe le passé et le futur. Il dit que notre existence offre une large étendue à qui sait bien en disposer et un peu plus loin après avoir décrit un passage, sur lequel je vais revenir, les hommes qui se divertissent qui font des choses et d’autres et qui perdent leur temps, il dit en parlant de cela que ce n’est pas la vie mais que ce n’est que du temps.
Sénèque ; De la Brièveté de la vie, Chapitre II
Ce qui frappe dans ce texte c’est sa brièveté, or c’est un texte qui par hasard se nomme « De la brièveté de la vie. », c'est-à-dire que d’une certaine façon c’est comme s’il avait mimé en concision la densité de l’objet qu’il se donne. Or qu’est ce qu’on découvre, dès la première page, que nous ne disposons pas d’une courte durée mais que nous en avons perdu. En d’autres termes, certaines vies sont courtes, d’autres ne le sont pas et pourtant nous vivons le même nombre d’années. Alors à quoi ça tient ? A quoi tient la brièveté de la vie ?
On peut comparée la brièveté du texte à la brièveté de la vie. Effectivement pour Sénèque, j’ai bien l’impression que la richesse et notre compréhension du monde ne se joue pas dans l’étendu mais véritablement dans la ponctualité. L’entrée dans le temps, c’est l’entrée dans un instant présent donc dans quelque chose de véritablement court. En vocabulaire bergsonnien par exemple, on pourrait dire que ce n’est pas une affaire de quantité mais de qualité. C’est une affaire de qualité et d’approfondissement. A texte bref, il pourra y avoir des lectures brèves qui n’auraient peut-être pas vraiment d’intérêt et je pense que ce texte nous invite véritablement à approfondir en qualité notre lecture donc à texte bref, il nous faudra certainement une lecture étendue et approfondie.
Il dit « nous n’avons pas reçu une vie brève mais nous nous la sommes faite et nous n’en n’avons pas été dépourvu mais prodigue ». Donc finalement ce qu’enseigne « De la brièveté de la vie » c’est que : A qui sait vivre, et on va voir dans quelles conditions on sait vivre et que ce n’est pas donné à tout le monde, à qui sait vivre, la vie est longue. La vie est même démesurée. Elle est démesurée et peut même être étendu jusqu’à l’infini, jusqu’à cette durée quasi divine qui englobe le passé et le futur. Il dit que notre existence offre une large étendue à qui sait bien en disposer et un peu plus loin après avoir décrit un passage, sur lequel je vais revenir, les hommes qui se divertissent qui font des choses et d’autres et qui perdent leur temps, il dit en parlant de cela que ce n’est pas la vie mais que ce n’est que du temps.
Il y a donc une distinction assez fondamentale dans ce traité entre vie et existence. Entre simple temps et ce qu’on pourrait appeler la vie elle-même. Or il ne s’agit pas d’une différence de qualité extrinsèque mais véritablement une différence d’expérience et nous avons toute notre responsabilité dans la fondation de cette expérience. Si ce n’est pas une donnée objective de la nature, le temps et la vie, c’est vraiment quelque chose qui dépend de notre propre action. De là l’erreur des philosophes et l’erreur des physiologues, ces soi-disant spécialistes de la nature qui pensent qu’objectivement l’existence de l’homme est bien « en comparaison de » alors qu’en fait il ne s’agit que d’une manière d’aborder le problème de traiter sa propre existences car l’existence est à elle-même d’une certaine façon sa propre fin. Le point de comparaison que l’on se donne si on se donne un point de comparaison cosmique, on peut considérer qu’effectivement l’existence n’a pas de densité, enfin n’a pas de longueur, enfin que l’existence est dérisoire et ce caractère dérisoire de l’existence rapportant justement à l’existence elle-même et à l’usage que l’on en fait, devient potentiellement infinie.

