vendredi 22 mai 2009

Deuxième étude personnelle de "De la Brièveté de la vie" de Sénèque

« Ainsi en est-il : la vie qui nous échoit n’est pas brève, nous la rendons brève : elle ne nous fait pas défaut, nous la gaspillons. Quand d’abondantes ressources princières tombent entre de mauvaises mains, elles fondent en un rien de temps mais, même modestes, quand elles sont confiées à un bon dépositaire, elles fructifient avec le temps ; de même notre vie s’étend amplement pour qui sait en disposer »
Sénèque ; De la Brièveté de la vie, Chapitre I


L’impression première quand on lit ce texte, quand on l’ouvre, quand on s’y plonge sans à priori, c’est celui d’une certaine sérénité. Pourtant il y décrit les travers de l’Humain et les agitations humaines mais l’atmosphère en général est plutôt sereine.

C’est un texte assez ambiguë de ce point de vue puisqu’il y a de nombreux passages satiriques qui pointent les travers quotidiens d’une humanité jetée dans une poursuite effrénée du futur et pourtant je crois que c’est une des caractéristiques des traités de Sénèque et de ce point de vue là, et c’est à mettre en relation bien sûr avec son encrage au stoïcisme, la parole philosophique doit être une parole coupée de la passion et faire parler la nature c’est faire parler la passion. Et quand bien même elle donnerait la passion pour objet.

Arriver à répondre à ses détracteurs qui aboient contre vous sans pour autant se prononcer contre eux comme un roquet, arriver à réfuter les gens en douceur, c’est très important. Et pourtant le but est vraiment protreptique, il s’agit vraiment de convertir les gens, de retourner la personne de l’intérieur et ce texte, même s’il est très doux et très lisse, cherche quand même à provoquer un certain dégoût à force de peindre les travers qui sont les nôtres, peut-être pour provoquer une certaine nausée, jouer peut-être aussi sur ces passions qui sont les nôtres et qui nous ferons désirer de rentrer dans un autre régime.

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